La maintenance fait partie de notre quotidien : exemple du coronavirus

Comme vous le savez le monde traverse aujourd’hui une crise sans précédent avec le coronavirus. Sans vouloir reprendre ce que les médias nous rabâchent à longueur de journée, je crois qu’il est important d’être proactif dans cette situation et de réaliser que nous avons des choses à apprendre. Entre autres, le fait que la maintenance du corps humain n’est en rien différente de celle d’un équipement avec des conséquences pouvant être tout autant dramatiques.

Le réel problème dans le cadre du coronavirus ne réside pas tant dans les conséquences de celui-ci, même s’il est regrettable que des gens en meurent, mais surtout dans la façon par laquelle il se propage et par quel moyen.

En effet, la raison principale de la propagation du coronavirus est le manque d’hygiène de la population. On pourrait penser que de nos jours, dans nos sociétés modernes, civilisées, l’hygiène est entrée dans les mœurs et fait donc partie des réflexes de base que chacun a en lui. Ce n’est malheureusement pas le cas.

La Chine en a était le plus bel exemple ainsi que d’autres pays soi-disant civilisés tels que l’Italie et encore plus proche de nous la France.

 

Prévention vs propagation

Tous les spécialistes le disent, le meilleur moyen d’enrayer le coronavirus c’est la prévention qui passe par l’hygiène et qui consiste à se laver les mains régulièrement ce qui permet de se protéger et aussi de protéger les autres. Si chacun respecte cette règle de base, le risque de transmission du coronavirus se verra diminuer et la propagation de celui-ci évoluera de façon décroissante. La proactivité de chacun est nécessaire, elle se résume à des gestes d’hygiène très simples que nous sommes censés maîtriser. Il est donc de notre responsabilité de respecter et d’appliquer ces règles afin de montrer l‘exemple.

Eh bien sachez que dans la maintenance il en va de même.

Des règles simples existent et permettent de prévenir des catastrophes pouvant être tout autant meurtrières, sinon plus, que le coronavirus peut l’être, comme l’explosion de l’usine de Bhopal en Inde.

En effet, si l’on utilise un équipement sans jamais lui porter attention ne serait-ce que par un nettoyage régulier, un contrôle visuel ou dans le cadre d’une voiture, une simple vidange pour remplacer l’huile usée, cet équipement et cette voiture risquent de se détériorer de façon prématurée jusqu’à une mise hors service totale entraînant certainement d’autres conséquences indésirables et non maîtrisées.

Au même titre que les progrès de la médecine ne servent à rien sans une bonne hygiène, les progrès au niveau technologique et industriel ne servent à rien non plus si nous ne prenons pas soin de nos outils de production.

 

L’importance de l’équilibre

Un équilibre indispensable doit être respecté. Il s’agit de l’équilibre P/CP entre le produit (P) et la capacité de production (CP) – Stephen Covey. Pour que cet équilibre puisse se faire une attention égale doit être portée et sur le produit et sur la capacité de production. Si l’on ne se focalise que sur le produit en faisant en sorte que la qualité de celui-ci soit irréprochable et que les clients soient satisfaits, on risque de négliger la capacité de production, l’outil qui permet de fabriquer ces produits. Sans une maintenance raisonnée, cet outil risque de se détériorer de façon prématurée entraînant comme conséquences perte de production et coûts élevés.

Même si sur du court terme la non-maintenance entraîne une réduction des coûts, c’est sur le moyen et le long terme que les conséquences vont se faire sentir avec certainement un effet cascade, une panne en entraînant une autre.

Inversement, si toute l’attention est portée sur la capacité de production c’est-à-dire l’outil, en mettant en place des activités de maintenance trop chronophage et parfois superflues, l’effet sera un manque de productivité du fait de l’immobilisation de l’outil pour réaliser ces activités de maintenance.

Cette baisse de productivité entraînera bien entendu une diminution du nombre de produits fabriqués, et donc une perte financière consécutive à la diminution des ventes en plus des surcoûts dus à la sur-maintenance.

Le bon équilibre consiste donc à trouver un juste milieu entre les efforts fournis sur le produit et les efforts fournis sur la capacité de production. La maintenance constitue ainsi l’un des facteurs majeurs permettant d’atteindre cet équilibre.

J’ajouterai toutefois une 3e composante à cet équilibre qui est à mon sens indispensable et incontournable aujourd’hui, il s’agit de la composante environnementale. Cette composante une fois intégrée permet d’éviter les gaspillages, de limiter la pollution et ainsi de contribuer au respect de notre planète.

 

Quand l’urgence provoque une prise de conscience

La situation mondiale générée par le coronavirus et les conséquences qui en découlent sont là pour faire prendre conscience à l’humanité que les choses doivent changer et cela passe par notre façon de consommer, notre façon de faire du commerce à l’intérieur de nos frontières ou bien même avec les autres pays, cela concerne aussi nos façons de produire et ce que nous produisons.

Pour ce qui est de la maintenance, c’est l’état de notre planète qui doit nous inciter à changer notre vision de la maintenance, nos façons de produire. L’humanité doit amorcer un changement de paradigme afin de revenir à des valeurs plus proches de l’environnement et du bien-être de notre planète en vue de la respecter mais aussi de revenir à des valeurs plus proches de l’humain car dans tous les problèmes générés, que ce soit par le coronavirus ou encore les pertes de production, l’humain est au centre de tout, il est la clé.

La croissance n’est pas éternelle et reste limitée aux ressources que notre planète nous met à disposition. La croissance n’est pas une fin en soi d’autant plus qu’elle n’a pour seule conséquence l’épuisement des ressources.

Published by David Rizet-Blancher

Expert in Maintenance, Reliability and CMMS